L’Autoroute Ferroviaire Alpine, ou Autostrada Ferroviaria Alpina est exploitée depuis le 4 novembre 2003 par une société commune à la SNCF et Trenitalia. Suite à l’incendie du tunnel du Mont-Blanc en 1999, les Etats français et italien ont officiellement décidé en 2001 de créer cette ligne, à l’époque expérimentale, à l’aide de subventions accordées jusqu’en 2006 et ce avec l’aval de l’Union Européenne. Déficitaire à son lancement, la société a réalisé un retour à l’équilibre en 2006.

Cette autoroute était symboliquement importante car elle a été l’occasion d’évaluer les potentialités commerciales des autoroutes ferroviaires ainsi que la fiabilité technique du wagon surbaissé Modalohr.

Construit par la société Lohr Industrie, ce wagon double coque de type surbaissé mais avec des roues de diamètre standard, permet le chargement d’une semi-remorque et de deux tracteurs routiers (ou de deux semi-remorques). Chaque coque pivote latéralement, permettant le chargement simultané de camions.

Aménagée à l’entrée de la vallée de la Maurienne, la plate-forme de transbordement d’Aiton se situe à 25 km de Chambery. L’AFA sillonne la vallée de la Maurienne pour rejoindre 175 km plus loin le terminal de transbordement italien d’Orbassano dans la proche banlieue de Turin (105 km coté italien et 70 km coté français).

4 allers-retours journaliers sont proposés. Les chauffeurs voyagent dans une voiture corail spécialement aménagée, avec TV et service de restauration.

Lorsque le service démarra, seuls les camions-citernes pouvaient emprunter la ligne en raison des limites imposées par le gabarit. Les travaux d’élargissement du tunnel ont depuis avancé et la mise au gabarit GB1 (4 mètres de haut) est prévue pour fin 2010.

Principales caractéristiques physiques de la liaison

  • Mode accompagné et non accompagné possible.
  • Longueur du parcours ferroviaire : 175 km (dont 105 km coté italien et 70 km coté français).
  • Durée du trajet : 3 heures.
  • Fréquence : 4 départs / jour et par sens.
  • Gabarit : 3,93 m à 1,50m de demi-largeur, 3,75 m sur les bords.
  • Matériel roulant : 2 rames de 11 wagons doubles actuellement (possibilité d’augmenter à 15 wagons).
  • Durée moyenne de stationnement sur les chantiers : 2 heures.

Évolution des trafics

  • L’autoroute ferroviaire alpine a démarré en novembre 2003 mais le trafic n’a véritablement décollé qu’en 2004. En 2005 l’accident du tunnel routier du Fréjus a entraîné sa fermeture totale au trafic routier du 4 juin au 4 août puis aux seules marchandises dangereuses jusqu’au 7 novembre. On estime à 2500 passages supplémentaires la contribution de la fermeture du tunnel routier du Fréjus au trafic de l’autoroute ferroviaire alpine.
  • La part des clients italiens est passée de 23% en 2004 à 32% en 2005. Le pourcentage des transports en “non accompagné” se situe désormais entre 60% et 65% selon les périodes. Le transport des marchandises dangereuses a progressé et dépasse 40% du trafic total, après la pointe exceptionnelle observée durant la fermeture du tunnel routier du Fréjus.
  • Sur les premiers mois de 2006, l’AFA a captée 65% du trafic de camions citernes qui franchissent les Alpes du nord franco-italiennes dans les plages horaires proposées par la navette. Ceci représente 35% du trafic total de camions citernes qui franchissent les Alpes du nord franco-italiennes. La clientèle qui emprunte l’AFA est constituée en majorité de transporteurs effectuant de la courte distance (Rhône-Alpes / Sud Bourgogne <–> Piémont / Lombardie).
  • Le nombre de poids lourds transportés est en constante augmentation depuis la mise en service de la ligne. En juillet 2009, un total de 100 000 poids lourds a utilisé ce service depuis le début de l’expérimentation, dont plus de 23 000 sur la seule année 2008. Certains chargeurs ont même demandé à leurs prestataires d’emprunter l’AFA dans le cadre d’une démarche de développement durable. La part du transport non-accompagné est aujourd’hui devenue prépondérante et représente près de 70% des trafics en 2008. De plus, les poids lourds de 44 tonnes peuvent accéder à la plate-forme d’Aiton (Savoie), au lieu de 40 tonnes sur les routes françaises. Cette nouvelle possibilité a permis de fidéliser les clients et de capter de nouveaux trafics. Elle représente 30% des passages. À l’automne 2008, le taux de remplissage approchait les 100% pour quatre navettes quotidiennes. Malgré la forte baisse d’activité dans le transport de marchandise (tant ferroviaire que routier), le cent millième camion a été transporté en juillet 2009, et le taux de remplissage reste relativement élevé (au dessus de 70%). De plus, la demande est hétérogène : la première ainsi que la dernière navettes n’ont pas une capacité suffisante pour répondre à la demande. Devant le succès rencontré par ce service, l’extension de l’autoroute ferroviaire alpine est prévu jusqu’à Lyon et Turin.