Le rapport Richemont 2.

Henri de Richemont, ancien sénateur qui a élaboré un rapport sur la réforme du pavillon et le développement du cabotage en 2003, a remis l’été dernier un nouveau document à Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat aux Transports sur la “liste des conditions requises pour le développement des autoroutes de la mer”. Ces dernières passent par une intervention forte de l’Etat et une nouvelle approche des autoroutes de la mer : le navire doit être considéré comme une infrastructure, et son financement doit donc être assuré par un partenariat public privé ou un autre type de structure mixte. M. de Richemont préconise également la création d’un service économique d’intérêt général (SIEG) au niveau européen afin de subventionner l’exploitation du navire, la création d’un éco-bonus européen et une fiscalité routière plus lourde.

Autoroutes de la mer franco-espagnoles.

L’objectif des autoroutes de la mer franco-espagnoles est de “parvenir en quelques années à un report modal de 100 000 poids lourds par an”. Un volume ambitieux auquel deux projets retenus par la commission intergouvernementale franco-espagnole peuvent contribuer : il s’agit en outre de deux services pour trois routes maritimes qui devraient démarrer fin 2009 ou début 2010. Ces projets doivent encore être soumis à la Commission européenne.

Gijon (SP) et Nantes-Saint-Nazaire (FR).

Une liaison entre Gijon et Nantes-Saint-Nazaire proposée par les armateurs Grimaldi et Louis-Dreyfus (GLD Lines) et soutenu par le Cercle de l’Optimodalité en Europe (COE). Ce projet pourra être complété par un second report modal au port de Nantes-Saint-Nazaire, vers la voie ferrée et à destination de Dourges et Bettembourg.

Caractéristiques :

  • 3 départs par semaine sont prévus dans chaque sens pendant 4 ans, puis 7 départs par semaine pour des poids lourds accompagnés. Les conducteurs voyageraient avec d’autres passagers.
  • Les rotations seront effectuées par des navires d’une capacité de 150 remorques et 500 passagers pour une vitesse commerciale de 23 nœuds.
  • La durée de la traversée devrait être de 14 heures.
  • GLD Lines annonce des “tarifs librement fixés et attractifs par rapport au coût d’un transport équivalent par la route”.

Vigo (SP) – Le Havre (FR) et Vigo – Nantes-Saint-Nazaire.

Deux routes sont proposées par l’armateur espagnol Acciona Trasmediterranea qui exploite déjà la liaison Montoir (FR) – Vigo. Une liaison entre Vigo et Le Havre (FR) et qui devrait être prolongée en 2010 jusqu’à Algésiras (SP) ainsi qu’une deuxième liaison entre Vigo et Nantes-Saint-Nazaire.

Caractéristiques :

  • 4 départs doivent être assurés à partir des ports français de Nantes et Le Havre, puis 7 départs par semaine afin d’embarquer des semi-remorques non accompagnées.
  • Les navires exploitées seraient d’une capacité de comprise entre 140 et 260 semi-remorques pour une vitesse commerciale de 20 nœuds.
  • La durée de la traversée devrait être de 28 heures pour Vigo – Saint-Nazaire, et 36 heures entre Vigo – Le Havre.
  • D’après Acciona, les tarifs seront “librement fixés et attractifs par rapport au coût d’un transport équivalent par la route”.

Autoroutes maritimes méditerranéennes.

West Med Corridors.

La France, l’Italie et Malte ont lancé conjointement le 26 juin 2009 un appel à projets d’autoroutes de la mer en Méditerranée occidentale (Priority Project 21) dans le cadre du réseau transeuropéen de transport (RTE-T) et de Marco Polo II. Les aides, subventions ou encore prêts ne doivent toutefois pas dépasser les 35% des coûts de la ligne. Les candidats ont jusqu’au 15 novembre 2009 pour présenter leur dossier. Les projets doivent être présentés “par un groupement comprenant au moins les exploitants de deux ports-terminaux portuaires de deux Etats membres, un transporteur maritime-opérateur de transport maritime”.